Une rose pour te dire…
Par Mimy
Résumé : Qu'arrive-t-il lorsque notre Geek préféré rassemble son courage pour
avouer ses sentiments à une femme au caractère pas commode et capable de tuer
avec un trombone? Fic née du challenge de la St-Valentin sur Gibbs'Team le
forum.
Paring : Ziva/McGee
Rating : K
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Il était
tout juste 7h30 en ce matin de la St-Valentin et les bureaux du NCIS étaient
calmes. L’agent McGee était penché sur un rapport, concentré et silencieux,
voulant éviter d’irriter son patron qui lui avait semblé plutôt à cran ce
matin-là. Sans doute qu’avec trois divorces,
cette fête ne devait pas être sa préférée. Il fut bientôt interrompu
dans son travail par l’arrivée bruyante de Tony et Ziva qui, comme à leur
habitude, se chamaillaient comme des gamins. La jeune israélienne s’immobilisa
alors devant son bureau, un air stupéfait sur le visage. Devant l’absence de
réponse à ses provocations, le jeune italien se dirigea vers sa partenaire et
découvrit la raison de son silence. Une rose blanche trônait, solitaire, sur le
clavier de son ordinateur et un petit rouleau de parchemin était noué à la
tige. Fidèle à lui-même, le jeune italien allait s’en emparer, simplement pour
énerver sa partenaire, mais celle-ci fut plus rapide. D’une main, elle
intercepta son geste en lui saisissant le poignet et en le rabattant dans son
dos d’un mouvement vif alors que de l’autre, elle attrapait délicatement la
fleur et la mettait hors de portée.
« Je crois que c’était sur MON bureau que cette rose était posée, Tony,
alors dégage, lui dit-elle simplement en le renvoyant sans cérémonie de son
côté de l’open-space, non sans un contact douloureux entre son pied et
l’arrière-train du jeune importun. »
Elle refoula à peine un éclat de rire devant l’air outré de ce dernier avant de
reporter son attention sur la fleur qu’elle tenait toujours à la main. Elle
défit avec soin le nœud qui liait le parchemin à la tige, en prenant garde aux
épines et le déroula doucement.
Une rose
blanche, pureté et innocence, comme l’amour que je vous porte en silence.
Elle relut plusieurs fois le court message et regarda autour d’elle, espérant apercevoir
un signe qui lui indiquerait l’auteur de ces mots, qui, elle devait l’avouer,
étaient très poétiques et avaient fait sensiblement accéléré son rythme
cardiaque. Rarement de tels mots lui avaient été adressés et elle était
déterminée à en découvrir l’auteur. Elle fut sortie de ses pensées par Tony,
qui d’un ton chantant scandait à tue-tête :
« Ziva a un
admirateur secret, Ziva a un admirateur secret… »
Elle posa la rose à l’abri dans le tiroir de son bureau avant de se diriger
vers le jeune fanfaron, faisant tourner dans sa main un stylo bille qu’elle
avait attrapé au passage.
« Tu veux que je te montre à quel point je peux être créative pour te
faire souffrir avec un simple crayon, Tony ? lui dit-elle d’un ton
menaçant, en l’attrapant par le col de sa chemise.
- Heu, je…ça va aller, merci, lui répondit-il en bougonnant avant de
se dégager. »
Il battait
prudemment en retraite vers son propre bureau lorsque la main de son patron lui
percuta l’arrière du crâne de façon retentissante.
« Hey,
pourquoi ça ? s’exclama le jeune italien
- Pour embêter Ziva, simplement parce que tu es jaloux. Ton
rapport pour l’affaire Watson, DiNozzo.
- Heu, tout de suite Boss ! répondit-il précipitamment avant de se
mettre au travail, non sans avoir tiré la langue à Ziva au passage. »
Lorsque
Gibbs se dirigea vers le bureau de la directrice, après avoir enfoui un petit
paquet dans sa poche, la jeune israélienne en profita pour se diriger vers
McGee qui semblait absorbé par son travail.
« Hey, McGee, tu n’as rien vu de spécial, ce matin. Tu
étais là avant nous, tu n’as pas vu qui a apporté cette rose ?
- Heu, le coursier de la base l’a déposée ce matin,
un peu avant que tu n’arrives, lui
répondit-il sans quitter son travail des yeux.
- Tim, tu sais que si tu sais quelque chose tu vas
finir par me le dire, tôt ou tard, ajouta-t-elle un sourire malicieux sur le
visage.
- Heu…je…je n’ai vu que le coursier, Ziva. C’est
la stricte vérité, c’est vraiment lui qui l’a apporté et pour rien au monde je
n’admettrai que je sais qui la lui a donnée, ajouta-t-il pour lui-même.
Boss, un marine mort, s’il-vous plait, c’est qu’elle est plutôt convaincante
quand elle fait cette tête-là, plaida-t-il silencieusement en soutenant
bravement le regard inquisiteur de la jeune femme. »
À cet
instant, Gibbs passa en coup de vent près d’eux en leur intimant l’ordre
d’attraper leurs affaires, ils avaient un enseigne de vaisseau retrouvé mort
dans une allée derrière un restaurant de Georgetown. Superbe timing, Boss,
comme toujours. Je vais commencer à croire qu’Abby a raison à propos de cette
affaire de dons surnaturels !
pensa un McGee immensément reconnaissant, laissant échapper un bref soupir
qu’il n’avait pas eu conscience de retenir. Il croisa alors le regard de
sa collègue et sut qu’il n’en avait pas fini avec elle. Lorsqu’on n’est pas
de taille à lutter, la stratégie gagnante, une retraite stratégique, se
dit-il en attrapant sa plaque et en se pressant de rejoindre l’ascenseur.
***
La journée s’était écoulée rapidement, leur affaire s’était avérée simple à
résoudre. Une affaire de drogue qui avait mal tourné et leur suspect leur avait
laissé des indices sur un plateau d’argent. Ziva, tournant la clé dans le contact
de sa voiture, était plongée dans ses pensées. Elle était toujours intriguée
par cette fleur. Elle avait cuisiné Palmer et Abby, qui ne lui avaient rien
appris de plus. McGee l’avait habilement évité (évitée) toute la journée et il avait eu beaucoup de
succès pour être honnête. Elle n’avait pu le coincer seul plus de quelques
secondes. Elle avait dû menacer Tony de lui faire mal d’une façon à ce qu’il
passe la St-Valentin et toutes les autres nuits seul pour les cinq prochaines
années afin qu’il cesse de l’embêter avec son « admirateur
secret ». Elle rejoignit sans encombre son appartement et
lorsqu’elle atteignit le seuil, son regard se posa sur une délicate rose d’un
beau rose pâle posée sur le pas de la porte. Elle regarda autour d’elle avant
de se pencher et de la ramasser avec douceur. Elle nota le petit rouleau de
parchemin noué à la tige et le défit sans attendre, curieuse, pour y découvrir
un mot un peu plus long que le premier.
Une rose
rose, grâce, élégance, tendresse et poésie. Un hommage à l’éclat de la femme
d’exception que vous êtes. Si vous me le permettez, ce soir vous découvrirez
qui je suis et j’espère que la surprise que j’ai pour vous vous démontrera la
sincérité de mes sentiments. À sept heures, votre carrosse sera devant votre porte
si vous êtes intéressée.
Intéressant, intriguant et inquiétant, pensa-t-elle en déverrouillant la
porte et en entrant chez elle. Qu’est-ce qui me dit que cet « admirateur » n’est pas un
détraqué. Elle caressa doucement la tête de son chat venu clamer sa dose
quotidienne d’affection et ajouta à l’intention de l’animal : « Il
n’y a qu’un moyen de le savoir hein ? »
***
Le jeune homme arpentait de long en large son appartement. Si elle ne vient
pas, si elle ne partage pas mes sentiments, si elle me casse la figure… Ses
pensées se succédaient dans son esprit à une vitesse folle. Bon,
reprends-toi, s’admonesta-t-il mentalement, sois positif, en public elle
ne peut pas te tuer. Il soupira. Qui tu essaies de prendre pour un crétin ici, tu sais très
bien qu’elle peut te tuer avec une cuillère à café sans laisser aucune trace.
« Super, et maintenant j’ai des conversations avec des voix dans ma
tête ! Génial, simplement génial, maugréa-t-il en se débattant avec son
nœud de cravate. Bon, c’est parti, allons-y. Il est un peut tard pour
reculer, laissa-t-il tomber pour son reflet dans la glace.»
***
À sept heures sonnantes, une limousine noire attendait la jeune israélienne
devant chez elle, sous le regard curieux des voisins. Le chauffeur lui ouvrit
la portière avec une grande galanterie et elle prit place sur la banquette en
cuir. Devant elle, l’attendait une autre rose, celle-ci d’un rouge profond.
Elle déroula le mot qui, sans surprise, y était attaché. Les mots qu’elle y
découvrit la firent sourire. Et elle qui croyait que le romantisme était
définitivement disparu de sur la planète. Il n’arrêterait pas de la surprendre.
Une rose rouge, symbole d’amour… celui que je vous
porte.
Une rose rouge, symbole de passion… celle qui vous anime et qui s’éveille en
moi quand je suis près de vous.
Une rose rouge, symbole de respect… celui que vous m’inspirez de par vos
actions et vos convictions.
Une rose rouge symbole de courage… celui qui irradie de votre personne et celui
que j’ai dû rassembler pour vous dévoiler mon identité.
Depuis le jour où tu es arrivée parmi nous, j’ai cette
admiration sans borne pour toi, admiration qui est devenue une sincère amitié
avec le temps. Mais depuis le jour où tu m’as forcé à affronter ma peur
ridicule des asticots, j’ai compris une chose, j’avais pour la femme magnifique
qui se tenait près de moi bien plus que de l’amitié. J’ai décidé d’affronter
aujourd’hui ma pire phobie, celle du rejet et de finalement t’avouer ce que je
ressens. Ziva, je suis amoureux de toi.
Tim
Elle roula le petit mot et l’enfouit dans son sac-à
main alors que la limousine s’immobilisait devant un chic restaurant servant
des mets aux saveurs du Moyen-Orient. Il ne fait pas les choses à moitié,
dit donc, songea-t-elle en entrant dans le restaurant. J’ai été bien
inspirée lorsque j’ai enfilé cette tenue et charmante attention que de
m’inviter dans un endroit qui me rappelle Israël.
***
Le jeune agent jouait nerveusement avec ses mains en tentant de garder
contenance. Du calme, Timothy, si elle se pointe et que tu es tout
dégoulinant de sueur tu feras une superbe impression, tenta-t-il de se
convaincre. Tout va bien se passer. Mais ce n’est pas comme si j’avais
l’expérience de Tony avec les filles, protesta son côté mal assuré. Voyons,
même avec de l’expérience, ce n’est pas comme si c’était n’importe quelle
femme, c’est Ziva… elle est, elle est…sublime ! termina abruptement
son subconscient lorsqu’il l’aperçut, approchant dans sa direction. Il ne
pouvait tout simplement pas détacher son regard de la jeune femme. Dans cette
longue robe d’un rouge sombre qui épousait son corps aux formes séduisantes,
elle était magnifique. La couleur de sa robe faisait magnifiquement ressortir
le léger hâle de sa peau satinée et ses longs cheveux noirs étaient en partie
remontés, une cascade de boucles encadrant son visage. Deux petites larmes de
grenat sur une monture argentée ornaient ses oreilles et à son cou, son
étoile de David luisait dans l’éclairage feutré de l’endroit. Un maquillage
discret faisait ressortir son regard profond et ses lèvres étaient rehaussées
d’un gloss discret.
Le jeune homme dut rassembler toute sa
volonté pour s’extraire de sa contemplation silencieuse, refermer sa bouche et
éventuellement esquisser un mouvement. Il remarqua alors l’air amusé de sa
partenaire. Génial, tout simplement génial, je n’ai encore rien dit et j’ai
déjà fait un idiot de moi-même ! Il se leva et lui offrit son
bras, l’accompagnant à leur table et l’aidant à prendre place sur les
confortables coussins faisant office de sièges avant de lui-même s’installer en
face d’elle. Il avait jusqu’ici évité plutôt habilement son regard, tentant de vaincre
la vague de timidité qui l’avait assailli et de trouver un truc intelligent à
lui dire. Merde, ça fait près de trois ans que vous travaillez ensemble et
que vous vous voyez presque tous les jours, trouve quelque chose !
Ziva interrompit son combat intérieur en soulevant son menton et leurs regards
se croisèrent. Il déglutit avec peine.
« Tu sais, j’ai rarement été l’objet de quelque chose d’aussi
romantique, Tim, lui dit-elle doucement.
- Heu je… j’ai pensé que… tu le mérites largement, Ziva. Bien,
enfin une phrase intelligible, se félicita-t-il intérieurement.
- Calme-toi, si j’avais voulu te tuer, tu sais que tu
serais déjà mort, hein, ajouta-elle avec un sourire espiègle, avant de pouffer
de rire devant l’air stupéfait du jeune homme.
- Merci, Ziva. Bel effort de ta part pour détendre
l’atmosphère, répliqua-t-il d’un ton ironique, avant de sourire lui aussi. Le
rire de la jeune femme était bon à entendre, elle était trop souvent cachée
derrière ses murailles.
- Cet endroit est tout simplement parfait, comment tu as
su ?lui demanda-t-elle alors.
- J’y suis venu une fois pour un entretien avec mon
éditeur, et il m’a tout de suite fait penser à toi. L’odeur me rappelle celle
de ton appartement.
- Est-ce qu’on t’a déjà dit à quel point tu es mignon,
Timothy ?
- En fait, c’est souvent le cas, je suis souvent mignon,
jamais beau ou viril, juste mignon. Tu sais qu’un jour Abby m’a dit qu’elle
m’aimait de la façon dont on aime les chiots ?
- Ouch ! Mais tu sais, pour ma part, j’aime bien ce qui
est mignon, ajouta-t-elle doucement en lui lançant un clin d’œil. »
Le serveur
interrompit leur échange pour venir prendre leur commande. Le reste du repas se
déroula dans la bonne humeur et l’atmosphère s’était finalement détendue, McGee
retrouvant finalement sa confiance en lui. Alors que le serveur revenait avec
leurs desserts, il dit à la jeune femme :
« Je ne
veux pas te presser, mais il va falloir faire vite, sinon on va être en
retard. »
Il lui tendit
une enveloppe, qu’elle ouvrit avec empressement, sa curiosité piquée par cette
nouvelle surprise. Elle en sortit deux billets et lorsque ses yeux se posèrent
sur le titre du spectacle auquel ils allaient assister, un immense sourire se
dessina sur son visage et elle eut du mal à retenir les larmes qui menaçaient
de trahir son émotion.
Coppélia
ou La fille aux yeux d’émail
«
Tim, murmura-t-elle dans un souffle, comment tu as su.
- Je suis un agent du NCIS tu sais. Il y a aussi le
fait que j’écoute lorsque tu me parles. Tu te souviens m’avoir dit que c’était
la dernière fois que tu étais montée sur scène et que c’était ton ballet
préféré ? J’ai reconnu les décors sur la photo sur ton piano, ma sœur a
fait du ballet pendant plusieurs années.
- Tu es un homme étonnant, Timothy McGee.
- Ça te plaît? l’interrogea le jeune homme.
- Bien sûr, que ça me plaît. J’ai du mal à croire
que tu te sois donné tout ce mal pour moi, ce soir.
- Tu sais, tu méritais une St-Valentin exceptionnelle.
Pour moi, tu n’es pas qu’un super Agent avec des habiletés de Ninja capable de
nous mettre KO en moins de deux, bien sûr
que c’est en partie ce que tu es mais tu es bien plus que ça. Tu es une
femme superbe et avec un cœur immense, il s’agit juste de prendre le temps de
se frayer un chemin à travers tes barrières et savoir décoder ton masque
d’Officier du Mossad froide et distante.
- Définitivement, tu es un homme étonnant et je
crois que j’ai beaucoup de chance. »
Sur ces
mots, le jeune homme régla leur addition, offrit son bras à la jeune femme et
la guida jusqu’à sa voiture. Il lui ouvrit la portière et alors qu’il se
décalait légèrement sur le côté pour lui permettre de monter, elle le surprit
en l’attirant vers elle et approchant son visage jusqu’à ce qu’il ne soit plus
qu’à quelques centimètres du sien en plongeant son regard sombre dans le sien.
« Merci,
Tim. Pour la première fois depuis… trop longtemps, ce soir je me suis sentie
vraiment spéciale et lorsque je suis avec toi, je ressens des choses que
j’avais cru ne jamais pouvoir ressentir à nouveau et je suis… simplement
heureuse. »
Se pressant un peu plus contre lui, elle posa un
délicat baiser au coin de ses lèvres et avant qu'il n'ait pu réagir, elle entra
dans la voiture. En silence, il referma la porte et souriant, il alla
s'installer derrière le volant.
FIN
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